Datesdu 25 mars au 29 septembre 2024LieuCentre d'art de Mougins
Miguel Chevalier
Visite de l'exposition Fractal FlowersTransparences imaginaires – Hommage à Francis PicabiaCommissaire d'exposition : Estelle Bories
En 1925, Francis Picabia fait l’acquisition, sur les hauteurs de Mougins, d’une propriété sur laquelle il fait bâtir un château, et conçoit les plans d’un jardin exotique. Ce lieu est baptisé Château de Mai, en référence à la roseraie qui s’y trouvait initialement dont la floraison au printemps était particulièrement luxuriante. Francis Picabia s’amusait à observer, depuis l’une des tours de son château donnant sur la baie de Cannes, l’arrivée de palmiers de dix mètres de haut hissés sur des camions venant de Marseille. Profusion et exubérance, nature et artifice, semblent qualifier son rapport à la nature.
C’est sur ce questionnement que nous avons proposé à Miguel Chevalier d’intervenir pour le Centre d’art de Mougins. Il propose un parcours au cœur d’une nature réinventée et questionne la nature au temps de l’artificiel. Les œuvres de Miguel Chevalier tissent des liens entre la nature méditerranéenne qui inspira Picabia et l’art digital.
Miguel Chevalier utilise depuis 1978, l’informatique comme medium artistique. Pionnier de l’art numérique, il aborde la question de l’immatérialité dans l’art, et la matérialisation du virtuel. Les recherches de l’artiste prennent appui sur l’observation du monde végétal qu’il transpose dans l’univers numérique. Il est le créateur de différents herbiers numériques constitués de fleurs virtuelles dotées d’une vie artificielle.
L’un de ces herbiers, les Fractal Flowers, présenté au centre d’art de Mougins, croisent les expérimentation de Francis Picabia, notamment les transparences, dans lesquelles les éléments végétaux se mêlent parfois aux corps humains.
Sur les deux niveaux du centre, d’étranges fleurs à la croisée du végétal, du minéral, de l’animal et du robotique se déploient à travers différents supports.
Mouvantes sur des écrans LCD, elles se fixent sous forme de sculptures post-virtuelles réalisées en impression 3D ou réapparaissent en hologrammes.
Au-delà du virtuel, l’installation Bella Donna 1 > 12 est constituée de 12 sculptures en impression 3D et Bella Donna (Chronographie), et d’une série de 12 impressions digigraphiques, figent le cycle de vie d’une fleur imaginaire, de sa naissance à sa décroissance, par un procédé qui s’apparente à la chronophotographie d’Etienne-Jules Marey.
Miguel Chevalier propose des dessins réalisés au moyen de robots, créés spécifiquement pour l’exposition, et qui se veulent un dialogue ouvert avec les transparences de Picabia.
Les halls d’entrée dans les espaces d’exposition présenteront, à travers une scénographie originale, des photographies, des cartes postales et des affiches relatives à la présence de Francis Picabia à Mougins de 1925 à 1935. Il sera aussi mis en évidence la façon dont la nature méditerranéenne est à l’origine d’œuvres stylistiquement hétérogènes à la mesure de la grande liberté créative de cet artiste phare du 20ème siècle.
Cette rencontre entre deux générations d’artistes, soulignant la pertinence contemporaine de l’œuvre de Picabia et la manière dont Miguel Chevalier, à travers son langage numérique, prolonge et élargit cette conversation artistique.
L’exposition est un hommage à la liberté créative de Picabia et à l’audace visionnaire de Miguel Chevalier, reliant deux générations d’artistes par-delà les frontières du tangible et du virtuel.








